Revue de presse

Publié le par le petit Maxime

Bertrand Delanoë nous annonce dans un entretien au Monde sa candidature à la tête du PS. Il présente un projet réformiste, européiste, écologiste, dédié à une efficacité de gauche ; vaste programme. Il cherche à rallier à sa bannière les Hollande, Aubry, Moscovici et le pôle écologique en défendant le principe de différenciation entre la direction du PS et le candidat à la présidentielle de 2012. Etrangement, aucune politique de main-tendue n’est envisagée avec Ségolène Royal, Laurent Fabius ou l’aile gauche du parti. L’entretien tourne néanmoins rapidement à la critique sévère et « constructive », bien entendu, de la politique économique et sociale du Président Sarkozy. Le grand spécialiste militaire qu’est le maire de Paris évoque ensuite la mission en Afghanistan sans malheureusement dégager de projet concret. La séance d’esquive sémantique se poursuit jusqu’au refus affiché du maire de Paris d'envisager toute alliance avec les centristes ou l’extrême gauche, position courageuse s’il en est.
    Un second article du Monde introduit l’idée évoquée au PS d’organiser des primaires afin de désigner le candidat à la présidentielle tout en donnant la parole aux simples sympathisants. Ce mode d'élection permettrait, selon la fondation Terra Nova, de mieux différencier conquête du parti et désignation du présidentiable. Les militants devront néanmoins accepter de renoncer à leur monopole et le parti s’accommoder du conflit de légitimité entre le candidat à la présidence et le premier secrétaire. Ces mêmes militants pourraient cependant élire seuls le leader du parti sur le modèle anglais ; le problème étant que le PS fonctionne sur le mode exactement opposé aujourd’hui. Bref, le PS a des idées et se rénove…sur un joli morceau de papier.
    Libération, sans doute pour rattraper le fait de ne pas avoir d’interview de Delanoë, nous en propose une de François Hollande. Elle n’est ni très novatrice ni très révélatrice d’un « projet » de la gauche ; en revanche, elle est très drôle… En effet, l’actuel secrétaire du PS pratique la langue de bois avec excellence, promeut la réconciliation générale au prochain congrès, la création d’une « direction forte » pour le parti et refuse de se prononcer sur son candidat préféré. On peut toutefois lire entre les lignes que la politique souhaitée (la même que Delanoë par ailleurs) est une politique de gauche de hausse des impôts et de revalorisation des allocations en tout genre. M Hollande ignore le danger Besancenot en décrivant le nouveau parti anti-capitaliste comme une impasse, et refuse totalement de débattre sur les questions nécessaires : le rapport entre le présidentiable et le secrétaire général du parti, ainsi que la possibilité d’instaurer des primaires pour désigner le candidat à la présidence. Une interview qui ne nous apprend rien et qui ne risque pas de remonter le moral des « sympathisants » socialistes.
    Enfin, le Figaro, loin de chercher à être original ou à apporter de l’information, se contente d’un résumé de l’interview du Monde sans aucune analyse. On y apprend uniquement que Lionel Jospin apporte son soutien au maire de Paris – la belle affaire ! - et que l’UMP reproche à ce dernier de délaisser sa mairie après avoir pourtant promis de s’y consacrer.
    La presse nous a présenté ici un magnifique cocktail de langue de bois, vide journalistique, croisements éditoriaux et fausses bonnes idées. L’annonce « inattendue » de la candidature de Delanoë devrait bouleverser le paysage politique et entrainer des réactions en chaîne passionnées et passionnantes des candidats annoncés ou potentiels... Rien de nouveau sous le soleil socialiste.
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Publié dans revue de la presse

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