Point histoire: Philippe le Bel : la France souveraine face à l'Internationale Vaticane.
La querelle du Spirituel et du Temporel, dont l'apparition correspond à celle de l'État moderne, connaît une des ses illustrations les plus marquantes à la fin du XIIIe siècle, lors du règne de Philippe le Bel.
Le pape Boniface VIII entretenait des relations tendues avec notre Roi, souhaitant sans cesse rappeler la primauté des dispositions dictées par le Vatican au clergé de France sur les ordres du chef politique du royaume.
Le Saint-Père ouvre les hostilités avec la décrétale Clericis laicos du 24 février 1296. Elle accusait « l’arbitraire royal » dans la collecte des subsides destinées à l’effort de guerre auprès des religieux, souhaitait organiser « la défense des biens ecclésiastiques » contre l’impôt et encourageait les attitudes frondeuses du clergé dans un pays pas encore unifié sous la même bannière, où certains seigneurs n'hésitaient pas à faire jouer la concurrence entre le Roi de France et d'Angleterre pour des allègements fiscaux (éternelle rengaine).
Dans un premier temps confrontés à des problèmes diplomatiques avec les Aragonais et la famille Colonna, à Rome, le pape abandonne son insolence pour des excuses avant de repartir à l’offensive en 1302, par la bulle Unam Sanctam. Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église. En fait, il tente d'instaurer une théocratie occidentale.
Philippe le Bel réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, ainsi que des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris : il inaugure les premiers États Généraux du Royaume de l‘Histoire. Le Roi cherche l'appui de tous ses sujets afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape. La tenue d’un tel évènement, l’écoute et le sondage des attentes, des idées, et des aspirations du peuple et des forces vives du royaume constitue une date majeure dans la construction de la monarchie française, qui reproduira cet exercice de consultation 39 fois dans son histoire.
Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le Roi envoie donc son conseiller, le chevalier Guillaume de Nogaret, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui donne de précieuses informations pour sa capture.
Imposant sa volonté, sa diplomatie et l’indépendance politique de son pays, le Roi triomphe. Il ordonnera le déménagement de la papauté à Avignon et confirmera la France dans sa position de « fille aînée de l’Église », une fille pourtant très émancipée…
Sa puissance est incontestée dans une Europe impressionnée par l’unité et la fidélité de ses 24 millions de sujets.
Surnommé par ses ennemis tout comme par ses admirateurs le « Roi de marbre » ou « Roi de fer », Philippe le Bel, grâce à l'aide de juristes, aura transformé un État encore féodal en une monarchie moderne où la volonté du Roi s'impose à tous, où l’impôt national est prélevé sur tout le royaume et où le souci d‘écouter le peuple par la convocation des États Généraux fait alors figure de remarquable exception.
Le pape Boniface VIII entretenait des relations tendues avec notre Roi, souhaitant sans cesse rappeler la primauté des dispositions dictées par le Vatican au clergé de France sur les ordres du chef politique du royaume.
Le Saint-Père ouvre les hostilités avec la décrétale Clericis laicos du 24 février 1296. Elle accusait « l’arbitraire royal » dans la collecte des subsides destinées à l’effort de guerre auprès des religieux, souhaitait organiser « la défense des biens ecclésiastiques » contre l’impôt et encourageait les attitudes frondeuses du clergé dans un pays pas encore unifié sous la même bannière, où certains seigneurs n'hésitaient pas à faire jouer la concurrence entre le Roi de France et d'Angleterre pour des allègements fiscaux (éternelle rengaine).
Dans un premier temps confrontés à des problèmes diplomatiques avec les Aragonais et la famille Colonna, à Rome, le pape abandonne son insolence pour des excuses avant de repartir à l’offensive en 1302, par la bulle Unam Sanctam. Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église. En fait, il tente d'instaurer une théocratie occidentale.
Philippe le Bel réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, ainsi que des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris : il inaugure les premiers États Généraux du Royaume de l‘Histoire. Le Roi cherche l'appui de tous ses sujets afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape. La tenue d’un tel évènement, l’écoute et le sondage des attentes, des idées, et des aspirations du peuple et des forces vives du royaume constitue une date majeure dans la construction de la monarchie française, qui reproduira cet exercice de consultation 39 fois dans son histoire.
Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le Roi envoie donc son conseiller, le chevalier Guillaume de Nogaret, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui donne de précieuses informations pour sa capture.
Imposant sa volonté, sa diplomatie et l’indépendance politique de son pays, le Roi triomphe. Il ordonnera le déménagement de la papauté à Avignon et confirmera la France dans sa position de « fille aînée de l’Église », une fille pourtant très émancipée…
Sa puissance est incontestée dans une Europe impressionnée par l’unité et la fidélité de ses 24 millions de sujets.
Surnommé par ses ennemis tout comme par ses admirateurs le « Roi de marbre » ou « Roi de fer », Philippe le Bel, grâce à l'aide de juristes, aura transformé un État encore féodal en une monarchie moderne où la volonté du Roi s'impose à tous, où l’impôt national est prélevé sur tout le royaume et où le souci d‘écouter le peuple par la convocation des États Généraux fait alors figure de remarquable exception.
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