Qu'est-ce que la science politique moderne ?

Publié le par le petit Maxime

    Une véritable révolution galiléenne s'opère avec l'apparition de la science politique moderne. En effet, la phusis (nature) change alors de sens et conduit à penser son étude différement. Comme l'indique Pierre Hadot dans Le voile d'Isis, la philosophie classique inscrivait la phusis dans la vie contemplative (ou voir numéro précédent du Petit Maxime). Dans la modernité, en revanche, l'on « raisonne » et cherche à réorganiser la nature, c'est à dire s'en rendre comme maître et possesseur. Cela déborde largement le cadre de la science pour accompagner diverses crises politiques et religieuses. Tout ce qui reposait alors sur la scolastique et l'aristotélisme en vient à s'effondrer.
    Nous pouvons distinguer deux caractéristiques de la modernité : le combat contre la théologie et contre la pensée classique. Il y a en effet destruction de la scolastique médiévale et cela même chez des penseurs chrétiens comme Pascal.
    La base de cette modernité s'incarne au XVIe siècle chez Machiavel qui, au contraire de la philosophie classique, ne pense plus la question du meilleur régime. Pour lui, la science politique se juge sur l'efficacité, la conséquence d'une action et non sur le bien d'une action elle-même. Il met ainsi à la disposition des princes des maximes qui serviront à maîtriser la forune.
    Thomas Hobbes au XVIIe, quant à lui, affermit cette modernité et pense la science politique comme une géométrie où tout s'organise. Il tend ainsi à trouver une théorie du gouvernement pour établir une bonne fois pour toute la paix et se positionnera contre la liberté et la science classique : il met pour cela à l'écart la théorie religieuse pour créer le concept de « l'état de nature ».
    Ces deux penseurs, aux fondements de la science politique moderne, affirment que le souverain doit pouvoir user de la force pour dominer les hommes. Il s'agit ainsi d'user de la contrainte pour effrayer les hommes, plutôt que de les éduquer ou de les raisonner comme le conseillait la philosophie classique.
    C'est aussi l'apparition, avec Machiavel, d'une distinction entre politique et morale ainsi que de celle entre lois et moeurs qui correspondaient à un même mot dans la pensée classique : « nomos ». Cette dernière est un rationalisme ancien qui vise au Bien et s'oppose ainsi au rationalisme moderne qui se fait instrumental : les hommes ne cherchent que leur avantage. Plus tard, Adam Smith transposera la pensée de Machiavel dans l'économie et cette science politique moderne sera au centre de la politique engagée pendant la Révolution française.
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Publié dans doctrine

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