l'Etat aujourd'hui
La conférence initialement prévue sur « l'Etat aujourd'hui » s'est finalement muée, sur l'intuition avisée des organisateurs, en une table-ronde sous la direction conjointe de Pierre Carvin, Sébastien de Kerrero et Alexandre Apreval.
C'est par un judicieux rappel historique que Pierre Carvin a ouvert le débat, rappelant notamment que si les Anciens s'intéressaient à la meilleure façon d'assurer le bien commun, ils n'avaient pas lieu de s'interroger quant à l'exécution de la loi puisqu'ils résolvaient la question par une éducation des gens cultivées à la politique, une vertu civique qu'illustrèrent bien les Grecs. C'est tout le contraire pour les théoriciens dés les XIIème, XIIIème et XIVème, comme Machiavel qui préconise l'exécution arbitraire comme moyen légal d'apporter la stupeur et l'effroi dans les populations pour les soumettre.
En effet, en sortant de l'Etat de nature et en créant l'Etat, raconte Hobbes, les individus se soumettent à un pouvoir absolu et illimité de l'Etat pour éviter « la mort violente », c'est-à-dire les dangers qui les guettent. Cependant, certains indices nous permettent de nous poser la question : allons-nous vers un retour en force d'une théorie de l'Etat plus complexe ?Puis Alexandre Apreval nous a montré comment l'Etat et la politique subissaient en ce moment comme au XIXeme siècle une désaffection et une crainte, lesquelles poussent nos dirigeants et l'opinion publique dans un cantonnement à une administration bureaucratique à laquelle nous sommes opposés : la politique est un art.
En effet, pour le citoyen, l'Etat, ce sont les impôts et l'administration, mais aussi la monnaie et les frontières, la diplomatie et la justice, toute une ribambelle d'attributs régaliens aujourd'hui absorbés ou mis à mal par l'Union européenne. Cet Etat sans nation se veut une synthétisation encore plus parfaite du principe de pure administration comme l'exprime l'expression de « gouvernance européenne ». Derrière cette expression assez neutre se cache une pratique très concrète de la politique à des fins dans un sens idéologique détestable. Et nous empêche de bien identifier notre ennemi. Ainsi, paradoxalement, l'Etat est partout mais pas dans son rôle, et par conséquent défaillant : obèse, omniprésent, mais évanescent dans ses décisions.
C'est pourquoi les Français, qui en attendent tout, ne cessent de récriminer à son encontre. Et Pierre Carvin d'ajouter que, dans la mesure où la sécurité des citoyens n'est pas assurée par l'Etat jacobin centralisateur, la légitimité hobbesienne d'icelui s'effondre.Alors l'Etat se fabrique une nouvelle légitimité avec le domaine social et la santé. Cela correspond à une dynamique de concentration et d'extension étatique qui s'accroît particulièrement lors des crises, quand il convient de rationaliser la production intérieure : après-guerres mondiales, guerre de Sécession américaine ou encore krachs boursiers.
Or la mainmise de l'Etat avilie la société en la privant de l'initiative et de la responsabilités individuelles et collectives des personnes qui la composent. Par un effet pervers, il dévalorise, rend obsolète et vain toutes formes d'associations, de corps intermédiaires libres. De plus la démocratie désorganise la société par la lutte des classes perpétuelle, opposant gratuitement les intérêts des uns à ceux des autres. Il suffirait donc de retirer l'Etat de ces sortes d'affaires pour que l'homme, animal politique qui ne peut vivre sans société autour de lui, s'attache lui-même ses compagnons d'intérêt et qu'il forme les structures nécessaires pour palier les malheurs de la vie. Une explication qui n'a pas toujours convaincu Gérard Leclerc, lequel s'est interrogé quant à la capacité d'une nation en crise morale à recouvrer d'un coup ses antiques capacités.Finalement, nous avons parlé des mutuelles et des entreprises, possibles viviers humains qui parfois participent encore d'une solidarité française et locale dont on ne peut que se réjouir, mais où l'on voit de plus en plus les effets déprédateurs du capitalisme apatride et de la logique libérale de Bruxelles. Et nous nous sommes mis d'accord pour dire qu'une certaine tradition colbertiste de la France pas épargnée d'une touche de bon sens recommanderait que l'Etat intervînt au contraire dans les domaines qui relèvent de ses pouvoirs régaliens et disposât, par exemple, d'entreprises d'armement à lui quand on sait que nous n'avons que trois semaines de munitions d'avance en cas de conflits et qu'Israël est notre fournisseur...
C'est par un judicieux rappel historique que Pierre Carvin a ouvert le débat, rappelant notamment que si les Anciens s'intéressaient à la meilleure façon d'assurer le bien commun, ils n'avaient pas lieu de s'interroger quant à l'exécution de la loi puisqu'ils résolvaient la question par une éducation des gens cultivées à la politique, une vertu civique qu'illustrèrent bien les Grecs. C'est tout le contraire pour les théoriciens dés les XIIème, XIIIème et XIVème, comme Machiavel qui préconise l'exécution arbitraire comme moyen légal d'apporter la stupeur et l'effroi dans les populations pour les soumettre.
En effet, en sortant de l'Etat de nature et en créant l'Etat, raconte Hobbes, les individus se soumettent à un pouvoir absolu et illimité de l'Etat pour éviter « la mort violente », c'est-à-dire les dangers qui les guettent. Cependant, certains indices nous permettent de nous poser la question : allons-nous vers un retour en force d'une théorie de l'Etat plus complexe ?Puis Alexandre Apreval nous a montré comment l'Etat et la politique subissaient en ce moment comme au XIXeme siècle une désaffection et une crainte, lesquelles poussent nos dirigeants et l'opinion publique dans un cantonnement à une administration bureaucratique à laquelle nous sommes opposés : la politique est un art.
En effet, pour le citoyen, l'Etat, ce sont les impôts et l'administration, mais aussi la monnaie et les frontières, la diplomatie et la justice, toute une ribambelle d'attributs régaliens aujourd'hui absorbés ou mis à mal par l'Union européenne. Cet Etat sans nation se veut une synthétisation encore plus parfaite du principe de pure administration comme l'exprime l'expression de « gouvernance européenne ». Derrière cette expression assez neutre se cache une pratique très concrète de la politique à des fins dans un sens idéologique détestable. Et nous empêche de bien identifier notre ennemi. Ainsi, paradoxalement, l'Etat est partout mais pas dans son rôle, et par conséquent défaillant : obèse, omniprésent, mais évanescent dans ses décisions.
C'est pourquoi les Français, qui en attendent tout, ne cessent de récriminer à son encontre. Et Pierre Carvin d'ajouter que, dans la mesure où la sécurité des citoyens n'est pas assurée par l'Etat jacobin centralisateur, la légitimité hobbesienne d'icelui s'effondre.Alors l'Etat se fabrique une nouvelle légitimité avec le domaine social et la santé. Cela correspond à une dynamique de concentration et d'extension étatique qui s'accroît particulièrement lors des crises, quand il convient de rationaliser la production intérieure : après-guerres mondiales, guerre de Sécession américaine ou encore krachs boursiers.
Or la mainmise de l'Etat avilie la société en la privant de l'initiative et de la responsabilités individuelles et collectives des personnes qui la composent. Par un effet pervers, il dévalorise, rend obsolète et vain toutes formes d'associations, de corps intermédiaires libres. De plus la démocratie désorganise la société par la lutte des classes perpétuelle, opposant gratuitement les intérêts des uns à ceux des autres. Il suffirait donc de retirer l'Etat de ces sortes d'affaires pour que l'homme, animal politique qui ne peut vivre sans société autour de lui, s'attache lui-même ses compagnons d'intérêt et qu'il forme les structures nécessaires pour palier les malheurs de la vie. Une explication qui n'a pas toujours convaincu Gérard Leclerc, lequel s'est interrogé quant à la capacité d'une nation en crise morale à recouvrer d'un coup ses antiques capacités.Finalement, nous avons parlé des mutuelles et des entreprises, possibles viviers humains qui parfois participent encore d'une solidarité française et locale dont on ne peut que se réjouir, mais où l'on voit de plus en plus les effets déprédateurs du capitalisme apatride et de la logique libérale de Bruxelles. Et nous nous sommes mis d'accord pour dire qu'une certaine tradition colbertiste de la France pas épargnée d'une touche de bon sens recommanderait que l'Etat intervînt au contraire dans les domaines qui relèvent de ses pouvoirs régaliens et disposât, par exemple, d'entreprises d'armement à lui quand on sait que nous n'avons que trois semaines de munitions d'avance en cas de conflits et qu'Israël est notre fournisseur...
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