Le libéralisme désigne une réaction contre une société traditionnelle plutôt holiste. Cette pensée nécessite, pour se justifier, l’invention d’un
‘’état de nature’’ théorique ; i.e. une guerre de tous contre tous nécessitant la création conventionnelle d‘un État tout-puissant pour garantir la paix civile. Il s’agit de reconstruire les
théories sociales à partir de l’individu isolé des groupes sociaux, une reconstruction sociale sous-tendue par la légitimisation de la société par l’individu. Elle se caractérise par :
- deux sphères séparées, l’État d’une part, une société civile composée d’individus en relation horizontale d’autre part.
- des relations sociales fondées sur le droit et le commerce.
- une organisation spontanée de la société et indépendante de l’État ; est postulée aussi l’idée que chaque individu va, par la recherche de ses intérêts particuliers, participer naturellement au
bien-être du tout ; ‘’naturellement’’ s’entendant, au sens libéral : «une fois les corps intermédiaires naturels qui empêchent l’épanouissement de l’individu supprimés»…
Mais le libéralisme reste incompris. Il est d’abord une critique, celle de la violence politique, considéré par lui comme conséquence de confrontations d‘ordre religieux. Il faut le voir comme
l’idée éclatée et diffuse qu’il fut à ses débuts et le corpus polymorphique qu’il est aujourd’hui : social-libéralisme, néolibéralisme ou anarchocapitalisme.
1) Le social-libéralisme critique les conséquences radicales du libéralisme en économie. Constatant les dégâts d’une liberté et d’une égalité formelle, il souhaite le passage à une égalité réelle.
(gauche américaine)
2) Le néolibéralisme constitue une réhabilitation du libéralisme du XIXème fondée sur l’État de droit, une concurrence pure et parfaite s’accommodant d’un néo-darwinisme censé valoriser
l’initiative individuelle et justifier l’acquisition de biens comme l’inégalité qui en résulte.
3) L’anarchocapitalisme ou libértarianisme se définit comme plus hostile que les autres à la présence de l’État, même
l’État-gendarme, d’où notamment une privatisation totale des biens publics. Il est acquis à l’idée d’une autogestion communautaire avec cooptation. Se pose alors le problème des monopoles au sein
de la société et celui des éventuelles sociétés externes qui remettraient en cause l’équilibre instauré. L’un de ses représentants est l’universitaire américain Hans Herman Hoppe. Celui-ci est
devenu monarchiste par soif de liberté. A lire avec circonspection mais sans modération.
L’empirisme organisateur est la mise à profit de l’expérience du passé en vue de l’avenir. Il a été forgé par Charles Maurras renouvellent la doctrine
positiviste d’Auguste Comte, dans le but de démontrer et de systématiser les maximes du nationalisme intégral. S’il ne suffit pas à résumer le royalisme, il est un outil indispensable de la pensée
politique que l’Action Française de diffuser.
Le problème de l'identité se pose aujourd'hui dans de nombreux domaines et ouvre plusieurs champs
de réflexion et diverses questions auxquelles il est important de répondre, notamment celle de l'identité fran-çaise. Sébastien de Kererro analyse ainsi cette problématique et nous offre l’occasion
de comprendre cette notion fondamentale pour le monde contemporain.
La notion d’identité
L'identité relève de l'ontologie, c'est à dire de la science de l'être en tant qu'être. Notion double, ambigüe, elle analyse à la fois la particularité, ce qui fait le propre
d'un être, mais également ce qui fait de nous des êtres semblables, ce qui rassemble un groupe d'individus donné. Il s'agit donc d'une notion proprement philosophique, qui toutefois est devenue,
ces dernières années, une notion politique depuis que Bruno Mégret a créé sa revue L'Identité.
La notion d'identité est difficile à appréhender dans un monde post-moderne: son apparition même marque une crise que l'on peut discerner à travers des phénomènes comme le
régionalisme ou encore le phénomène identitaire. Comme nous l'avons dit précédemment, l'identité est multiple et peut ainsi revêtir la forme d'une identité choisie comme par exemple l'identité
sexuelle (l'on peut choisir sa sexualité, la changer à tous moments), ou encore poser le problème de l'identité reçue (essentielle, et non accidentelle). La tendance moderne est de négliger ce
dernier problème et ainsi d'affirmer la possibilité pour l'homme de choisir son être même : cela mène au relativisme. Mais si l'identité, posée dans la problématique régionaliste par exemple, est
également ce qui nous rend semblables aux autres, alors comment définir un critère pour marquer ce que l'on a de commun ?
La notion d'identité n'est pas politique, mais infra-politique : elle entre aujourd'hui dans la logique d'un monisme: identité individuelle, propre au post-modernisme (voire
Petit Maxime précédent). La question de l'immigration, de l'effacement de la culture chrétienne, de la remise en cause du repos dominical... tout ceci frappe l'identité française qui, en effet, est
sur le déclin et manque d'affirmation ; c'est pourquoi il est important de préserver et d'enrichir l'être français, c'est à dire notre manière d'être au monde. Pour cela, il faut s'opposer au
post-modernisme qui mène au repli sur la sphère privée et à la recherche primordiale de l'intérêt privé: marque de l'individualisme et de l'effacement de l'identité nationale. S'il nous reste moins
à défendre, il nous restera donc moins à vivre.
Les identitaires
La famille identitaire, par exemple, est au centre de cette question de l'identité : elle mêle relativisme et ethnocentrisme. Elle s'est construit peu avant les années 1968 sur
les débris du nationalisme traditionnel à la suite, notamment, de la question de l'Algérie française (défendue par l'Action Française portant une revendication fédérale). Toute la problématique est
donc la suivante : trouver un juste équilibre entre ce que Maurras appelait « l'inégalité protectrice », l'identité personnelle, le particulier, la qualité, avec ce qui fait de nous des
êtres qui se ressemblent, qui partagent le vivre-ensemble.
En trente ans, la famille identitaire s'est trouvée une certaine cohérence qui reste néanmoins pour nous problématique : le critère de la race, par exemple, n'est certainement
pas pertinent et constitue historiquement un défaut: Bainville ne disait-il pas déjà que « la France est un composé. C'est mieux qu'une race ; c'est une nation ». De plus, les
identitaires sont infra-politiques tandis que nous défendons le « politique d'abord »: ainsi, ils auraient du en toute logique être pour l'indépendance du Kosovo puisque toute forme de
rassemblement repose pour eux sur une identité.
Leur désaffection du politique les mène à avoir moins d'exigence intellectuelle pour les militants, et ils ne s'occupent que de questions culturelles ou associatives, en
négligeant d’autres comme l'écologie politique ou encore la question des institutions. De plus, ils font pression sur les nationalistes et les souverainistes pour leur faire abandonner la politique
au profit de la notion infra-politique de l’identité.
Les cadres identitaires sont souvent issus de la mouvance Troisième Voie, national-révolutionnaire, et sont donc formés à la politique. Cette dernière a été abandonnée
volontairement par ces derniers. Cette revendication identitaire les pousse également à ruiner la cohésion nationale, à affirmer par exemple leurs particularismes régionaux, ce qui nous convient,
mais au détriment d’un véritable projet POLITIQUE !
Il convient donc pour nous de se positionner sur une notion de l'identité plus essentielle, et non accidentelle, de préserver un sens du Politique et de réaffirmer l'identité
française, notre manière d'être au monde, comme élément central de notre démarche.
Trois sortes de totalitarismes se sont manifestées au cours du vingtième siècle :
Premièrement, le totalitarisme communiste, qui s’est manifesté en ex-URSS et en république Populaire de Chine par exemple. Il se base sur le principe de la terreur et celui de
l‘idéologie; élimination physique ou psychologique des opposants politiques ; d’un simulacre de démocratie dans un État où seul le Parti Communiste est présent. Dans ces deux cas le régime a vu le
jour après de sanglantes et coûteuses révolutions.
Deuxièmement les régimes fasciste et nazi présentant certaines similitudes, peuvent être classés dans une même catégorie malgré certaines différences. Ces régimes ont vu le
jour dans la première moitié du vingtième siècle par le biais du plébiscite ou du coup d’État. Ils se basent sur le principe d’un État fort dans lequel la terreur est largement
pratiquée au même titre que l’ostracisme d’une partie de la population. L’idéologie du régime est poussée, la aussi, à son comble.
Ces types de régimes totalitaires peuvent être considérés comme « conscients » puisque tout à fait affirmés et assumés. Les populations en sont-elles aussi conscientes,
puisque le plus grand nombre soutient dans son ensemble le régime. Le propre de ces régimes est de vouloir étendre son idéologie, c’est pour cela que tous les États sont immanquablement entrés en
conflit armé avec leurs voisins.
La dernière forme de totalitarisme est celle que l’on qualifie de « soft ».
Il est plus sournois que les autres parce que ceux qui le subissent en sont rarement conscients, il se manifeste en général de trois manières différentes : un
terrorisme social, un Etat policier et une activité législative crasse et démentielle. Le soft totalitarisme se marie souvent avec le régime dit « Démocratique ». La république française
remplit à merveille ces trois conditions; il est socialement interdit d’être un réel esprit libre et d’exprimer ses idées si elles n’entrent pas dans le carcan imposé par l’opinion publique;
Bruxelles nous impose un nombre de textes de moins en moins calculable, la CEDH force la France à changer sa législation si elle ne correspond pas aux « droits de l’homme ». Enfin, nous
vivons un procès à charge perpétuel, nous qui sommes coupables de ne plus pouvoir rien faire sans être susceptibles d’enfreindre cette loi que nous sommes tous sensés connaître. Si nous, nous ne la
connaissons pas tous, soyons rassurés, elle ne nous ignore pas!
La post-modernité est une notion qui relève de l'esthétisme. Elle se positionne à la suite de la modernité qui affirme l'idée du Progrès, du sens de l'Histoire et de
la démocratisation (c'est à dire de la personnalisation). Si la modernité, à l'opposé de la tradition, charge l'avenir d'un fort optimisme avec le scientisme ou le rationnalisme des Lumières, la
post-modernité opère un effacement de l'avenir qui mène au culte du présent. C'est ainsi, comme l'annonçait Fukuyama, la fin de l'historicisme. Certaines idées de l'école contre-révolutionnaire
sont d'ailleurs reprises, comme une eclipse de l'idée du Progrès ou encore la réalisation des nuisances de la technologie.
C'est de différents penseurs qu'est héritière la post-modernité, comme Saussure, Levi-Strauss, ou encore de la philosophie constructiviste avec Foucault ou Derrida. De plus, elle
renie toute affirmation de connaissance en soi et conduit ainsi au relativisme absolu, crise de l'universalité de la connaissance : il n'y a donc plus d'Histoire des idées possible puisqu'aucun
lignage n'est pris en compte : les systèmes sont pris indépendement des autres systèmes. Il y a ainsi passage d'un âge moderne, celui de la personnalité (avec classification ou encore mesure,
à l'exemple de Linné ou de Saint Hilaire), à un âge dans lequel règne une epistémologie holiste.
La post-modernité consiste donc en une rupture, et notamment temporelle : il est impossible d'être de son temps, ou encore en avance de son temps...c'est le règne de
l'intemporalité. Il y a également une véritable saturation des mouvements sociaux (voire Taguieff, les contre-réactionnaires).
Enfin, en philosophie, la post-modernité s'affirme dans la critique de la modernité et dans l'adoption d'un fort monisme, d'un individualisme.