Mardi 26 août 2008
    La naissance de la science politique classique est indétachable de celle de la philosophie. Influencée par le socratisme, elle a été inventée par Aristote suite à la philosophie politique platonicienne. En Grèce, au Vème siècle avant Jésus-Christ, plusieurs crises successives ont remis en cause les croyances établies et ont conduit à la remise en question des fondements de la cité : apparaît alors la philosophie et la phusis (nature) sur laquelle travailleront les présocratiques. Le tournant socratique sera la découverte de la politique puisque Socrate affirme que pour penser, il faut le logos (langage), c'est à dire être sociabilisé : la philosophie se fait politique. Le socratisme introduit également une différence de méthode fondamentale : l'introducgtion du dialogue et de l'interrogation sur ce qu'est la vie bonne et le meilleur régime, un dialogue qui néanmoins reste aporétique.
   Elève de Platon, Aristote crée sa propre école et change de nombreux enseignements platoniciens : il renonce au dialogue aporétique pour répondre aux questions posées par Platon sous forme de traités ou de cours magistraux. Socrate, lui, n'a en effet jamais rien écrit. L'éthique à Nicomaque est l'une des oeuvres politiues majeures d'Aristote : il s'agit d'une enquête sur ce qu'est le Bien commun. Ce vers quoi tend toutes choses, telle en est la définition platonicienne. Aristote rompt avec cette définition et affirme que le Bien commun ne réside pas dans l'activité en soi mais dans l'activité productrice : la proesis. Parmi celles-ci, les premières sont les activités architechtoniques, c'est à dire celles qui organisent les activités secondaires. La politique est ainsi l'activité architechtonique par excellence et consiste en l'organisation des affaires de la cité et en l'éducation des gens de la cité (Praedeia). Elle est subordonnée à une finalité, le souverain Bien, qui est propre à l'homme.

   Si les opinions sur le Bien divergent, c'est pour Aristote un effet de la politique socratique : l'on s'interroge tout d'abord sur les diverses opinions pour ensuite essayer d'en offrir une définition. Aristote distingue les opinions vulgaires des opinions raffinées, et propose trois conceptions du Bien commun :

- La conception vulgaire, qui définit le bonheur comme une vie de jouissances (les hommes ne sont alors que des « ventres »)
- La conception cultivée, qui fait de l'honneur le principe du bonheur (or il ne faut pas faire de l'honneur la une finalité nécessaire du Bien).
- La conception contemplative, celle du philosophe, pour laquelle la raison est une vertu intellective nécessaire. Il s'agit ainsi d'une activité théorique, en dehors du monde. Pour Aristote, la vertu propre de l'homme politique est la vertu active : c'est à dire la vertu morale (mot qui ne se distingue pas du mot « politique » dans l'Antiquité).
Par le petit Maxime - Publié dans : doctrine
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Mardi 26 août 2008
    Les Francs, victimes de la montée des eaux en Scandinavie et du blocage au Sud par les Alamans, prennent pied en Gaule autour du Vème siècle. À la fin de l'Empire Romain, l'armée Romaine s'appuie sur les tribus franques pour pacifier le Nord de la Gaule et l'Allemagne actuelle.
    La Rome décadente instaure une sorte de RMI car des Romains ne travaillaient plus et vivaient du pillage. Incapable de gérer par elle-même ses provinces, Rome s'appuie alors sur les Francs qui incorporent les légions romaines.
    Au nord de la Gaule, l'armée Romaine administre. Le sud, quant à lui, est administré par le Sénat romain. Il n'y a alors pas d'harmonie linguistique, administrative ou culturelle en Gaule. Celle-ci comptait 6 à 7 millions d'habitants ; la loi du sol y est primordiale contrairement aux Alamans qui usent du droit du sang et l'ensemble des sujets y vivants (Burgonds et Wisigoths compris) sont sujets du Roi des Francs : Clovis. Le roi rend justce.
    Deux branches franques peuvent être distinguées : les Fançaliens (Belgique, Somme) et les Francs de la Rive (Rhin, Franconie). 150 ans avant Clovis, les Francs étaient déjà présents en Gaule. En effet, Clovis était un chef franc allié et vassal de Rome, qui unifie le nord et le sud de la Gaule. C'est alors la première fois que ce qui deviendra la France est unifiée, sans l'assentiment de Rome faut-il le rappeler : en 511 après Jésus-Christ, la Gaule est donc unifiée.
    C'est le clergé augustinien qui est choisi par Clovis comme mouvance officielle, parmi tant d'autres, le pape étant lui aussi augustinien. Cela explique le fait que la France sera considérée comme fille ainée de l'Eglise.
Par le petit Maxime - Publié dans : point histoire
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Mardi 26 août 2008
Quel était l'objet de la conférence de ce matin ?

    Ce matin, il s'agissait de réfléchir aux relations entre le politique et le religieux. C'est un sujet très actuel, très moderne, qui fait toujours l'objet de débats et parfois de polémiques. J'ai voulu le traiter d'une façon détachée, objective, en me référant à des travaux d'auteurs contemporains qui ont un peu renouvelé le sujet. Je pense notamment à Marcel Gauchet, auteur d'un livre très important qui s'appelle Le désenchantement du monde. Le livre a été énormément commenté et moi-même j'eu l'occasion, souvent, de parler avec l'auteur.

Comment posez-vous cette question des relations du religieux et du politique ?

    J'essaie de la poser à partir de l'Histoire et notamment de l'apparition du christianisme il y a 20 siècles. En effet, le christianisme s'est montré original par rapport aux autres religions en établissant un principe de séparation. C'est la fameuse formule de l'Evangile : « Rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais l'Histoire, justement, montre la difficulté d'appliquer ce principe. Au Moyen-Âge, certains penseurs qui se réclament de Saint Augustin ont voulu poser la notion de subordination du politique et du religieux. L'on assiste par ailleurs aux luttes entre la papauté et le Saint Empire Romain Germanique pour obtenir la suprématie.
   À partir du XVIème siècle, la question se pose autrement à cause de la Réforme et de la division de la Chrétienté. Le pouvoir politique tend à s'autonomiser par rapport à des religions qui s'opposent et même se font la guerre.

Qu'en a-t-il résulté pour la monarchie française ?

    Avec Henri IV, Richelieu et Louis XIII, la monarchie va monter en puissance à cause de cette autonomie obtenue ainsi que par la défaite progressive des tenants du pouvoir aristocratique.
On peut même dire que c'est à ce moment là qu'est fondé l'Etat moderne avec la monarchie administrative qui va faire de la France, aux XVIIème et XVIIIème siècles, la première nation d'Europe.

L'esprit antireligieux du XVIIIème siècle ne va-t-il pas donner une autre dimension au problème ?

     Oui, les Lumières françaises distillent un fort sentiment antireligieux qui aboutira à la persécution du christianisme sous la Révolution. Napoléon établira la paix religieuse en négociant le Concordat avec le pape. Mais la lutte de ce qu'on appellera « les deux Frances » va se perpétuer jusqu'au XXème siècle. On parviendra à un compromis avec la séparation de l'Eglise et de l'Etat qui prive l'Eglise des fonds publics mais lui assure une réelle liberté. Cela ne veut pas dire que tous les problèmes sont résolus. Le laïcisme qui se cache souvent derrière la laïcité poursuit un travail de sape antireligieux.

Vous avez abordé à la fin une question connexe, celle de l'antisémitisme qui a longtemps marqué le mouvement royaliste ?

    Difficile de répondre à cela en quelques mots mais je dirai que l'attitude de Pierre Boutang sur ce sujet préfigure un renversement total de perspective. La tragédie de la Shoah interroge les royalistes autant que les autres familles intellectuelles. Il apparaît aujourd'hui que le judaïsme suscite des courants de pensée qui nous sont proches ou en tout cas nous sont précieux dans la réfléxion politique. Je pense à des philosophes comme Hannah Arendt, Leo Strauss, Martin Buber qui sont infiniment plus proches que des courants philosophiques français très hostiles aussi bien à la tradition monarchique qu'à la tradition chrétienne.
Par le petit Maxime - Publié dans : entretien
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Mardi 26 août 2008
     Le centralisme républicain ne s'est pas essoufflé à cause de nous. Son ennemi ne fut pas nous mais plutôt la globalisation financière et politique. Mais par dessus tout, la république a volontairement détruit toutes les institutions collectives qui ménageaient nos droits et nos privilèges. Ainsi, la république applique la théorie moniste (elle ramène tout à une seule source d'explication), ce qui est une preuve de son incompétence ; tandis que la monarchie lui préfère la théorie complexe de gouvernement. Il existe donc trois manières de penser la principe fédératif :

Théorisation en dehors de la sphère de l'Etat : la confédération.Théorisation dans la sphère de l'Etat : le fédéralisme.
Théorisation contre l'Etat : l'autogestion.

    La première est une alliance d'Etats souverains qui, grâce à la ratification d'un traité, délègueront une partie de leurs prérogatives à une instance commune. Les décisions de cette instance nécessitent l'unanimité des Etats. Ils peuvent bien sûr se désengager dés qu'ils le souhaitent.
   La deuxième consiste en un Etat central dominant d'autres Etats par l'intermédiaire d'une constitution. Ces Etats ont des prérogatives exclusives mais ils participent à l'organe politique central avec l'intervention directe de la population.
   La troisième consiste en la critique plus ou moins radicale de l'Etat moderne qui met en place une dynamique de concentration administrative et politique. Cette critique mène par exemple à l'anarchisme.

    Voici donc les trois grandes pensées du principe fédéraliste. Il s'agira maintenant pour nous de passer de la théorie à la pratique et de réaliser notre idéal de monarchie fédérative comme alternative viable au républicanisme vieillissant.
Par le petit Maxime - Publié dans : doctrine
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Mardi 26 août 2008
Jean Bodin est un humaniste et homme politique du XVIème siècle qui traite de religion, de morale ainsi que de démonologie. Ses livres les plus célèbres sont les six livres de La République dans lesquels il théorise sa vision politique et fait l'éloge de la monarchie, seule réelle « res publica ». Son époque connait les guerres de religions qui affaiblissent la monarchie : les protestants se réfèrent au modèle sécessionniste allemand et s'opposent aux ultracatholiques qui font appels à l'autorité de l'Espagne. Alors surgit le « parti du politique » qui affirme restauration du pouvoir royal comme nécessaire à l'établissement de la liberté politique des français. Si la souveraineté de l'Etat existe déjà, notamment chez Aristote, Jean Bodin en donne une définition claire. Selon lui, la monarchie est le régime le plus apte à exploiter au mieux les vertus de la souveraineté, c'est à dire : une puissance de commandement public (à distinguer du privé), perpétuelle (c'est à dire durable) et absolue (c'est à dire « dénuée de tous liens »). Jean Bodin perçoit également plusieurs limites à la souveraineté, notamment l'impératif de la loi naturelle (c'est à dire chrétienne), l'impossibilité de revenir sur les privilèges accordés, de même que l'impossibilité pour le Roi de faire voter les impôts sans l'assentiment populaire des Etats généraux. Bodin pense de plus que les marques de la souveraineté sont indivisibles, ce qui prolonge la conception absolue de celle-ci.
    Cette conception politique va de pair avec celle de Richelieu qui tend à défendre l'unité du royaume et la primauté du pouvoir royal. En effet, il pense qu'il n'y a pas de pouvoir véritable sans unité. Il s'oppose ainsi politiquement aux protestants tout en respectant la tolérance religieuse à travers la préservation de l'édit de Nantes. Il s'oppose également aux Grands du royaume dans le but de renforcer le pouvoir royal. Il s'attaque enfin, toujours dans ce but, aux remontrances des Parlements. Pour ce faire, il fait primer l'action sur le droit et affirme la nécessité pour le Roi d'établir parfois des coups d'Etat, c'est à dire des « excès du bien commun sur le droit public ». La force de Richelieu est certainement sa capacité à dissocier le politique du religieux et à fusionner l'institutionnalisation à l'imagination.
     Plus tard, le concept théologico-politique du droit divin (défendu par Bossuet avec l'accord du Roi pour conforter la souveraineté royale) sera la dernière grande théorie attachée à la monarchie. Louis XIV se révèle ainsi moins prudent que Richelieu et ouvre une forte brèche internet avec les protestants et les jansénistes qui perdurera jusqu'à la Révolution française.
Par le petit Maxime - Publié dans : doctrine
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