Jeudi 28 août 2008
La globalisation telle que nous l'entendons aujourd'hui est un concept apparu dans les sciences sociales vers 1990.Très souvent la confusion est opérée entre la mondialisation et la globalisation, or il s'agit de deux choses assez différentes. La mondialisation, ce n'est rien de plus que l'extension géographique d'un phénomène donné, tandis que la globalisation se déroule directement sur un théâtre d'organisation unique : la planète. D'autre part, la globalisation se caractérise par un phénomène multi dimensionnel. On utilise souvent l'image de la toile informatique mondiale pour illustrer le phénomène de la globalisation. C'est une image impropre, car la toile n'a que deux dimensions. Si l'on voulait donner un image plus juste de la globalisation,il faudrait la comparer à un immense enchevêtrement de chenilles processionnaires. Ce phénomène de globalisation est multi relationnel et multi systèmes Elle se définit aussi comme la dilatation contemporaine des flux économiques, financiers, culturels et humains, toujours plus vite et toujours plus loin. La crise économique de 1929 a mis deux ans à traverser l'Atlantique et affecter les économies européennes, aujourd'hui la moindre crise à l'autre bout de la planète a des répercussions quasi immédiates sur nos économies. L'immigration est un autre exemple frappant de cette globalisation. Jusqu'au début du XXe siècle, la France a connu une immigration de proximité avec l'arrivé de travailleurs venant des pays limitrophes ; ils sont venus ensuite de pays européens plus éloignés comme la Pologne ou le Portugal. Puis à partir des années 1960, les immigrés sont arrivés du Maghreb, puis d'Afrique subsaharienne, toujours de plus en plus loin. Aujourd'hui, il y a en France des immigrés en provenance d'Asie centrale.
    Avant la globalisation, le système relationnel mondial était un système essentiellement interétatique. Cette hégémonie, la globalisation l'a mise à bas. Désormais l'État ne contrôle que ce qui relève de sa sphère directe. Le phénomène de la globalisation  se subdivise désormais en sous-systèmes, pour reprendre la classification de Raymond Aron. Ces sous-systèmes sont au nombre de quatre :
- Le sous-système interétatique, qui avait autrefois la prééminence dans les relations internationales par le biais des guerriers et des diplomates, est cantonné aux seules relation politiques.
- Le sous-système économico-financier, qui a longtemps dépendu du système interétatique, est devenu indépendant et hypertrophié. Dans un monde où, depuis 1945,  la croissance du commerce extérieur va plus vite que la croissance  économique des pays, les firmes multinationales se sont complètement émancipées par rapports aux États. Ceux ci ont totalement perdu la main sur le contrôle des flux financiers dont le montant dépasse largement les ressources des États. A titre d'illustration, la totalité des réserves de change des Etats-Unis, de la Chine de l'Union européenne et de la Russie ne représentent que trois jours de mouvements sur les marchés financiers.
- Le sous-système de la société internationale s'organise de mieux en mieux. Dans un monde qui se sécularise de plus en plus, les différentes Eglises ont échappé à l'emprise des États et ont développé en premier leur autorité morale.
    Dans la foulée de la création de l'ONU d'autres organisations, souvent financées par de grandes fondations Etatsuniennes ont emboîté le pas aux Eglises. On les connaît sous le vocable d'organisation non-gouvernementales.
    Tous ces mouvements intellectuels, philosophiques ou religieux, aussi divers que Greenpeace ou le Dalaï-Lama,
forment un ensemble qui a le force de faire plier les États.
- Le quatrième larron est le sous-système supra-national. Il est chargé d'organiser le monde et de soumettre les États au droit moral international. Depuis la création de la Société Des Nations en 1919, ce droit moral international comprend un corps de normes de plus en plus contraignantes qui enserre les actions des États.
    Si l'on pouvait résumer l'action de la globalisation en une formule, ce serait « tous contre l‘Etat ». L'ancien acteur dominant des relations internationales apparaît comme l'entité à abattre pour créer un nouveau système. Un système de milliers d'entités en concurrence constante, parallèlement à une uniformisation autour d'une morale internationale qui semble vague. Vague en apparence seulement.Le monde contemporain caractérisé par un déclin des
grandes religions subit un sorte de modèle protestant appliqué à tous les niveaux. Les religions, comme les autres formes d'existence deviennent individualistes, proposés sur mesure.
    Cependant, ce modèle global est de plus en plus contesté. La nature humaine résiste au régime capitaliste et à son inhumanité. Au niveau religieux l'Islam, religion considérée comme agonisante il y  un demi-siècle faute d'avoir su s'adapter au monde moderne, a le vent en poupe. Au point de vue sociétal, les asiatiques, qui représentent une grosse part de l'économe mondiale (où le groupe prévaut sur l'individu), refusent le modèle individualiste occidental. La globalisation échappe de plus en plus au contrôle Etatsunien et elle atteint ses limites également au niveau moral, car comment rendre ces multitudes de modèles individuels tous concurrents les uns des autres avec la morale internationale ? Il n'y a pas de réponse.
    Nous sommes à l'orée d'une grande transformation qui va changer radicalement le monde. Une crise systémique absolument inéluctable, car le système global n'est pas viable a moyen terme. L'effondrement n'est cependant pas pour demain, car le système a un bonne capacité de résilience, de faire face à de nombreuses crises. Ensuite parce que l'opinion n'acceptera pas que son mode de consommation soit remis en cause et ne se résignera au changement qu'à la toute dernière extrémité. Cela pourra prendre deux, voire trois décennies. Mais en réalité, personne ne peut vraiment prévoir quand cela arrivera. Une conjonction de différentes crises, comme pour la Révolution de 1789, pourrait bien se déclencher n'importe quand.
Par le petit Maxime
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Mercredi 27 août 2008
Découvrez le numéro 3:
au sommaire:
- l'écologie intégrale
- l'Etat aujourd'hui
- Point Histoire: Des Mérovingiens aux Capétiens…
-  Qu'est-ce que la science politique moderne ?
- La république de Sarkozy
- Revue de Presse


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Par le petit Maxime - Publié dans : numéros parus
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Mercredi 27 août 2008
    La mort de 10 soldats français en Afghanistan a permis une breve prise de conscience des réalités de la guerre au sein de la population - au point d'être le sujet d'un débat au Parlement le 22 septembre prochain.
    Le Monde réserve toute une page à ce propos, pointant du doigt l'incapacité du Parti socialiste à établir une position commune. M. Hollande craint de fortes divisions internes autour du dilemme « retrait total et immédiat ou envoi de renforts ». Pierre Moscovici, secrétaire national du PS, chargé des questions internationales, a déclaré « Le retrait non. La révision stratégique oui. » Henri Emmanuelli, quant à lui, s'en est désolidarisé et déplore une soumission à Washington dans le cadre de l'OTAN. Il ajoute que la France semble de plus en plus contaminée par les thématiques néo-conservatrices américaines, se lançant dans une croisade pour imposer de force la démocratie. Cette dernière a besoin de l'appui du peuple.
    Dans Libération Bruno Le Maire (UMP) avance bien au contraire un rôle politique de stabilisation que la France devrait jouer dans cette région – en tentant de contre-balancer l'hégémonie américaine. « L'OTAN ne suffit pas. » a t-il ainsi déclaré, dénonçant par ailleurs l'ambiguïté des missions de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf). Il invoque en outre l'importance pour le peuple afghan de recouvrer sa souveraineté, avec l'aide de la France, face aux menaces de son voisin, le Pakistan. Il met également en avant l'intérêt direct de la France dans cette mission en Afghanistan, rappelant « les menaces  qui pèsent sur nos intérêts nationaux, en métropole et ailleurs » du fait du terrorisme et du fondamentalisme.
    Le Figaro a choisi de développer la thématique du « mot "guerre" », jugeant qu'il faudrait expliquer aux Français la nature de l'engagement militaire et son objectif. Opération de maintien de la paix ou véritable « guerre » ? Comment les Français pourraient-ils comprendre la mort de leurs soldats quand leur premier ministre leur affirmait le 8 avril dernier (comme le rappelle Le Monde ): « La France n'est nullement en guerre. »
    Toujours est-il que les choix politiques du gouvernement sont loin de faire l'unanimité. On peut noter que la soumission à l'OTAN est sans aucun doute l'argument le plus récurent chez les partisans du retrait des troupes. Le général Stollsteiner, commandant les troupes françaises à Kaboul reconnaît des erreurs de stratégie dues à un « excès de confiance ».
    La France ne doit pas s'engager dans les guerres anglo-américaines et euro-atlantistes, l'Etat doit se monter avare du sang des français. Seul les intérêts de la France doivent guider notre politique étrangère et nos engagements militaires. Il est urgent de retirer nos troupes d'Afghanistan et de soutenir politiquement l'indépendance de la  patrie du lion du Panshir. Puisse t-elle se retrouver autour de son roi Zaher Shah.
Par le petit Maxime - Publié dans : revue de la presse
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Mercredi 27 août 2008
La République de Sarkozy   Le cercle de Géopolitique et actualité a, autour d'une table ronde, analysé la République sous le mandat Sarkozy. La République française a-t-elle amorcé un virage par rapport au pseudo modèle gaulliste chiraquien en place depuis 12 ans?. En quoi cette évolution a-t-elle modifié la pratique du pouvoir ? Mais cette pratique du pouvoir « innovante » a-t-elle la moindre influence sur la France, lui permettra-t-elle de retrouver sa souveraineté et ses libertés fondamentales ?
  
   Suite a douze années d'immobilisme chiraquien et 14 ans de socialisme mitterandien, la cinquième république a vut l'idéologie républicaine prospérer, détruisant progressivement les dernières libertés et marques de souveraineté de la nation.

   Les laïcards et républicains acharnés de tous bords ont conspué Sarkozy suite à ses déclarations de Ryad et du Latran. Ils ont également critiqué la dérive « monarchique » de l'hyperprésident : appel à la vigilance républicaine dans les colones de Marianne au printemps 2008 ; l'ont notamment signé Villepin, Royal, Dupont-Aignan.

   La République en danger ? Pratique « archaïque » du pouvoir datant de l'Ancien Régime ?

   Loin de remettre en cause le système républicain, Nicolas Sarkozy a, par une dérive sécuritaire, renforcé l'oligarchie républicaine. La république gouverne mal mais elle se défend bien. La dérive « monarchiste » du pouvoir ? Libertés en haut, autorité en bas ? De Gaulle, Mittrand, Chirac, exerçaient un pouvoir, une sorte de partage des tâches bien connu pendant les cohabitations !

   Pour répondre à l'appel à la vigilance républicaine il serait plus avisé de défendre la souveraineté et les libertés françaises. Au lieu de frémir devant le recul de la laïcité, les Marionnotes et autres républicains devraient accepter notre proposition : un appel à la vigilance nationale du pays, loin de l'intérêt politicard de nos compatriotes énarques, Royal, Villepin ; il serait dans leur intérêt et surtout dans celui de la France de s'opposer à la dégradation de l'Etat. À choisir entre la terrible indépendance française et le laïcisme universel, ils seront devant un dilemme.
 
   La République de Sarkozy est donc pleinement une oligarchie sécuritaire vendue aux intérêts financiers étrangers. Il est sans doute le plus engagé des républicains dans sa volonté de détruire la France dans ce qu'elle a de meilleur : la vraie vie et les vrais gens. Le pays réel.
Par le petit Maxime
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Mercredi 27 août 2008
    Une véritable révolution galiléenne s'opère avec l'apparition de la science politique moderne. En effet, la phusis (nature) change alors de sens et conduit à penser son étude différement. Comme l'indique Pierre Hadot dans Le voile d'Isis, la philosophie classique inscrivait la phusis dans la vie contemplative (ou voir numéro précédent du Petit Maxime). Dans la modernité, en revanche, l'on « raisonne » et cherche à réorganiser la nature, c'est à dire s'en rendre comme maître et possesseur. Cela déborde largement le cadre de la science pour accompagner diverses crises politiques et religieuses. Tout ce qui reposait alors sur la scolastique et l'aristotélisme en vient à s'effondrer.
    Nous pouvons distinguer deux caractéristiques de la modernité : le combat contre la théologie et contre la pensée classique. Il y a en effet destruction de la scolastique médiévale et cela même chez des penseurs chrétiens comme Pascal.
    La base de cette modernité s'incarne au XVIe siècle chez Machiavel qui, au contraire de la philosophie classique, ne pense plus la question du meilleur régime. Pour lui, la science politique se juge sur l'efficacité, la conséquence d'une action et non sur le bien d'une action elle-même. Il met ainsi à la disposition des princes des maximes qui serviront à maîtriser la forune.
    Thomas Hobbes au XVIIe, quant à lui, affermit cette modernité et pense la science politique comme une géométrie où tout s'organise. Il tend ainsi à trouver une théorie du gouvernement pour établir une bonne fois pour toute la paix et se positionnera contre la liberté et la science classique : il met pour cela à l'écart la théorie religieuse pour créer le concept de « l'état de nature ».
    Ces deux penseurs, aux fondements de la science politique moderne, affirment que le souverain doit pouvoir user de la force pour dominer les hommes. Il s'agit ainsi d'user de la contrainte pour effrayer les hommes, plutôt que de les éduquer ou de les raisonner comme le conseillait la philosophie classique.
    C'est aussi l'apparition, avec Machiavel, d'une distinction entre politique et morale ainsi que de celle entre lois et moeurs qui correspondaient à un même mot dans la pensée classique : « nomos ». Cette dernière est un rationalisme ancien qui vise au Bien et s'oppose ainsi au rationalisme moderne qui se fait instrumental : les hommes ne cherchent que leur avantage. Plus tard, Adam Smith transposera la pensée de Machiavel dans l'économie et cette science politique moderne sera au centre de la politique engagée pendant la Révolution française.
Par le petit Maxime - Publié dans : doctrine
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