Samedi 30 août 2008
Ce matin, au cours d’une conversation informelle, Bertrand Renouvin et Gérard Leclerc ont évoqué de la Nouvelle Action Royaliste (NAR) - précédemment Nouvelle Action Française (NAF).
    Dans le cadre des Mercredis de la NAR, une réflexion critique sur la politique a été menée depuis maintenant plusieurs décennies (connaissant un succès considérable bien au-delà de la sphère strictement royaliste, et auprès d’intellectuels aujourd’hui renommés). Elle s’est prolongée notamment par la publication d’un bi-mensuel - Royaliste.
L’une des autres grandes réussites de la NAR est d’avoir mené plusieurs campagnes électorales, et notamment la présidentielle de 1974 - à laquelle Bertrand Renouvin était candidat, ainsi que plusieurs campagnes législatives - permettant ainsi d’installer des cadres royalistes dans des villes de province.
    Le changement de nom de la NAF à la NAR à la fin des années 70 a principalement été dû à la volonté des militants royalistes de se détacher de la pensée maurrassienne et de l’héritage d’Action Française - qui ne correspondait plus à leurs objectifs politiques. Ont également été évoqués, outre le contexte historique de leurs engagements politiques respectifs (guerre d‘Algérie), les paradoxes militants auxquels il a fallu faire face au milieu des années 70, avec une crise de l’engagement politique (de la période post-Mai 68).
    Bertrand Renouvin nous a fait une courte présentation du comte de Paris, indiquant que la NAR avait su retisser des liens politiques avec la famille royale, et mettre fin aux divergences stériles. Il nous a présenté le Prince comme un homme volontaire, soucieux du rôle qu’il se devait de jouer en politique - bien que son décès ait causé quelques problèmes.
    De la même manière, certains choix politiques, certaines orientations notamment à l’égard d’un gauchisme critique (par l’intermédiaire de Maurice Clavel), ou lors de leur soutien à François Mitterrand, ont pu être la source d’incompréhensions chez quelques fidèles.
    Toujours est-il que la NAR aujourd’hui est un lieu incontournable du débat intellectuel et de la pensée royaliste - et la venue de Bertrand Renouvin et Gérard Leclerc au CMRDS ne peut que nous encourager  à dépasser les clivages inutiles et approfondir notre fidélité à l’héritage royaliste.
Par le petit Maxime
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 30 août 2008
Pourquoi le royaume n’est pas dissoluble dans l’EuropeDans un esprit d’ouverture, le CMRDS recevait hier Bertrand Renouvin de la Nouvelle Action Royaliste pour débattre de la survie de la France dans l’Union européenne, démontrant ainsi qu‘elle ne craint pas le débat. Celui-ci s‘inscrit dans une dynamique de dialogue à l’approche des Assises du royalisme qui doivent se tenir l’an prochain.Plus qu’une authentique délibération sur les forces et faiblesses du parti de la France en ce début de XXIème siècle, l’intervention d’hier matin constituait un véritable panégyrique de la situation de la France. Mais à trop vouloir se rassurer, ne finit-on pas par se démobiliser ?Bertrand Renouvin a d’abord souhaité mettre en avant l’extrême précarité des nations d’ex-URSS: celles-ci ont en effet connu un effondrement idéologique total, une déchirante séparation d’avec leur patrie soviétique, un éclatement de la structure économique concrétisé par l’hyperinflation, la guerre civile et la radicalisation de l’islam. Par contraste, la France disposerait de nombreux atouts: une nation constituée, des frontières permanentes protégées par l’arme atomique, un bon niveau de vie, « une démographie exceptionnelle », un peuple « habitué à décider par lui-même », une « absence de conflits ethniques ».Un enthousiasme à marche forcée, de la part de notre invité, qui laissa sceptiques bon nombre d’entre nous. Car s’il demeure effectivement des raisons de penser que tout n’est pas perdu, nous ne saurions nous voiler la face : les nations sont mortelles. Les bouleversements économiques ont eu beau jouer un rôle prépondérant dans l’amoindrissement de la France par le passé, lequel n’a rien de comparable avec ce qui se trame aujourd’hui, d’autres causes de mort sont depuis venues s’y superposer: une immigration massive non intégrée fortement liée à la « démographie » puisque responsable pour un bon tiers des nouvelles naissances françaises, et source de « conflits ethniques »; un démocratisme ancré dans les mœurs, aliénant pour la responsabilité individuelle des gens; et une barbarie européenne en passe de nous fondre dans un magma international. C’est ce pourquoi nous combattons. Nous ne sommes pas simplement les catalyseurs d’une crise future qui adviendra quoi qu’il arrive. Tant mieux si la Providence nous favorise, mais dès à présent, nous ne comptons que sur nous-mêmes pour créer la crise par laquelle nous sauverons ce qui nous reste d’héritage avant qu’il soit définitivement dilapidé.
Par le petit Maxime - Publié dans : Europe
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 30 août 2008
Pourquoi et comment combattre l'institutionnalisation de l'Union Européenne ? Telle est la question posée par Pierre Carvin qui a clôturé notre réflexion menée tout au long du CMRDS. Une réponse : le droit de sécession, qui nous est ici présentée comme solution efficace à la reconquête de nos libertés.

    L'idéologie démocratique dominante est un fléau qui nous est nécessaire de renverser. L'Union Européenne est en effet censée protéger les Droits de l'Homme et la prospérité économique des États membres : en d'autres termes, la liberté (individuelle et collective) et l'égalité. Tocqueville nous explique que ces deux notions sont, en démocratie, en tension permanente et que la liberté a bien moins de préférence chez les démocrates que l'égalité. Cette dernière est en effet « la passion dominante des temps modernes » (Tocqueville), qui modifie le pouvoir au détriment des libertés individuelles.
    Aujourd'hui les nations refusent une omniprésence de l'Union Européenne et forment encore un rempart contre cette dernière. Néanmoins les eurocrates tendent à saper ces nations et veulent appliquer le principe majoritaire à chaque décision. L'Action Française veut raviver le principe de la liberté, ou plutôt des libertés, pour l'indépendance de la France : cela nous pousse à revendiquer le droit de faire sécession !
    Tocqueville nous explique qu'en démocratie la liberté et l'égalité n'ont pas des rapports égaux, et qu'un déséquilibre de ces deux notions est nécessairement présent au sein de la société, un déséquilibre toujours favorable à l'égalité. En effet cette dernière est le propre de la démocratie, tandis que la liberté peut se trouver dans d'autres régimes non démocratiques : elle s'adresse à tous et suscite chez tous les mêmes réactions favorables. L'égalité pénètre ainsi l'ensemble du tissu social et s'il y a des avantages immédiats, des maux plus graves se révèlent à moyen ou long terme. La première conséquence de l'égalité, comme nous l'explique Tocqueville, est d'attacher les hommes aux biens matériels qui sont ouverts à tous, en libre-circulation. Cela entraine l'apparition d'une classe de petits propriétaires qui supplantent numériquement les autres classes, et qui se caractérise notamment par un amour de la tranquillité, une peur du désordre. Si la liberté est présente en démocratie, c'est (selon la terminologie de Constant) une « liberté moderne », fondée sur l'activité économique privée, et non une « liberté ancienne » fondée sur la large participation à la vie politique. La démocratie engrange donc un processus qui, par la mise en place de l'égalité, provoque un attachement aux biens matériels qui mène au désir excessif de sécurité et donc à l'attachement du bien privé (en opposition au bien public), propre de l'individualisme.
    Si l'homme démocratique déteste donc l'inégalité, il accepte un État centralisé et fort. La structure de la société n'est d'ailleurs pas la seule à changer, car la démocratie modifie profondément la morale de la Cité : ainsi l'opinion créée ne supporte pas la complexité et les intelligences ont tendance à se simplifier. Il y a donc à la fois concentration du pouvoir et réduction de la possibilité critique. De plus, avec l'Union Européenne, cette centralisation est aujourd'hui passée du national ou supranational.
    Il est donc important de faire sécession, revendication qui forme le dernier rempart des libertés contre l'Union Européenne. Pourquoi le droit de sécession et non la défense de la souveraineté ? Parce que les citoyens se sentent actuellement déjà citoyens de l'Union Européenne et qu'une défense de la souveraineté serait par conséquent difficilement recevable.
    Pensons trois auteurs afin d'appréhender ce droit, ou plutôt cette nécessité de faire sécession : John Locke, Hans Hermann Hoppe et John Calhoun :
    John Locke est un théoricien libéral anglais du XVIIème siècle. Il a écrit notamment deux traités du gouvernement civil. Ce théoricien reprend « l'état de nature » dans lequel les hommes sont égaux entre eux qui accompagne ce qu'il appelle le droit naturel : nécessité de se conserver et de conserver son espèce. Pour Locke, la société civile coexiste avec l'état de nature. Dans ce dernier naît la propriété et chaque homme a la propriété exclusive de sa personne et de ce qu'il fabrique. L'abandon de la condition naturelle vers la condition civile se fait alors par contrat, avec un consentement régulièrement renouvelé par des élections. Enfin, selon lui, le gouvernement, s'il devient parasitaire, peut être démis de ses fonctions et une partie de la société civile peut faire sécession (L'Amérique fera ainsi sécession d'avec la monarchie anglaise en 1776).
    Hans Hermann Hoppe, quant à lui, est un philosophe américain contemporain. Professeur d'économie, il est libertarien (ou anarchocapitaliste) et pense ainsi le droit de propriété absolue. Hoppe considère en effet l'État comme un parasite, et critique la démocratie à laquelle il préfère la monarchie antiparlementaire. Sa vision de l'état de nature est proche de celle de Locke – les hommes collaborent entre eux – et il pense la famille comme l'un des premiers degrés de socialisation. La socialisation est selon lui spontanée et le droit de propriété apparaît sous des formes variées. De plus, il théorise le droit de sécession. Pour cela, il définit l'État comme une structure d'arbitrage qui aide et reconnaît les lois existant naturellement (coutumes). Néanmoins, pour acquérir cet état de fait, il faut faire sécession afin de contraindre l'État à rendre la propriété aux véritables propriétaires.
    Enfin, John Calhoun (1782 – 1850) est l'un des meilleurs juristes américains et il s'oppose à l'État central étasunien. Il affirme ainsi que tout État doit pouvoir se retirer de l'État central si ce dernier devient parasitaire. Il théorise ainsi le droit de sécession, juste avant la guerre de sécession pendant laquelle il sera une référence. Il dénonce le principe démocratique majoritaire qui mène les petits États à être floués. Il propose donc l'unanimité (« concurrent majority ») ainsi qu'un droit de véto pour chaque Etat afin d'éviter les coalitions. Le gouvernement, quant à lui, se doit d'agir positivement pour acquérir l'unanimité.
    Ces trois penseurs sont essentiels pour comprendre le principe du droit de sécession et pour l'appliquer à la réalité présente. Une chose est certaine : l'Union Européenne tend à la centralisation et la France peut ainsi se transformer en simple département ou région européenne. Il est donc nécessaire d'invoquer le droit de sécession aujourd'hui. L'Action Française se place comme défenseur des libertés françaises et s'affirme contre la représentation nationale qui n'a fait que trahir ! Il faut donc réclamer l'annulation du traité de Lisbonne. Tactiquement, s'il est accepté, c'est une véritable publicité sur l'article 50 qu'il faut engager. Ce dernier, en effet, donne aux États le droit de sécession...ne nous réjouissons pas : pour cela, il faut un gouvernement défenseur de la France, l'accord des autres Etats, et cela coûte extrêmement cher : c'est donc concrètement irréalisable. C'est donc par tous les moyens que nous revendiquerons le droit à nos libertés, à notre indépendance : le droit de sécession !
Par le petit Maxime - Publié dans : Europe
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 29 août 2008
Découvrez le numéro 5:
au sommaire:
- Nous sommes les nouveaux partisans
- Qu'est ce que l’identité ?
- L’empirisme organisateur
- qu’est ce que le libéralisme?
- Subsidiarité, ordre naturel, droit naturel
Vers de nouvelles solutions politiques...




télécharger le numéro 05 complet maintenant::

Petit Maxime n°5

Par le petit Maxime - Publié dans : numéros parus
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 29 août 2008
Vers de nouvelles solutions politiques...


    La pensée de Maurras est stimulante car elle pose les questions essentielles de la philosophie politique. Dans la Politique naturelle, il développe une approche phénoménologique des relations sociales basée sur la naissance et remet ainsi l'homme au centre de la politique.  Cependant, il reste des questions auxquelles la pensée d'AF n'a jamais répondu. Gérard Leclerc le précise tout de suite, il n'a pas de réponses définitives à apporter. Mais il se propose néanmoins de les reformuler afin de bien poser les problèmes, notamment ceux de l'individualisme et de la démocratie. La contre-révolution, en considérant les choses seulement à travers Rousseau, s'est enfermée dans une impasse. Mais l'on peut surmonter cette opposition binaire par le biais libéral.

    L'individualisme est souvent considéré par l'AF comme un mal absolu. Ce peut être effectivement l'effet d'une mauvaise politique ou de la niaiserie des idées à la mode. Mais il ne faut pas négliger l'évolution de la société décrite par Tocqueville vers toujours plus d'égalité. L'individualisme est désormais un fait majeur. L'association repose beaucoup plus sur le volontarisme.  De là la difficulté de reconstituer des corps naturels comme sous l'Ancien Régime. Les sociologues établissent que  la modernité est le passage de l'hétéronomie à l'autonomie, du holisme à l'individualisme.  Ceci explique en partie la difficulté des royalistes maurassiens à élaborer une doctrine sociale adaptée. Cependant, il ne faut pas tout rejeter de leur effort. Le thème de la participation du général de Gaulle était inspiré par Marcel Loichot qui venait de l'Action Française.

    La question de la démocratie est aussi problématique. Et là encore Tocqueville et les libéraux peuvent nous aider. Si la tradition jacobine est d'achever la Révolution française, les libéraux réfléchissent dans le sens de ne pas renouveler ses erreurs et sa logique de Terreur. Ils n'ont pas la phobie de l'exécutif des jacobins qui ont transféré le pouvoir au législatif. Ils justifient par exemple une monarchie parlementaire, comme Guizot, homme politique mais aussi chef de file intellectuel des « doctrinaires ». Pour lui l'Etat qu'il conçoit monarchique a besoin d'un appui social. Il le trouve dans la bourgeoisie dont les « capacités » doivent être mises au service de l'Etat, par le biais du parlementarisme censitaire.

    L'Action Française a ignoré l'expérience de la Restauration et de la Monarchie de juillet, polarisée par les vices du parlementarisme. Mais en 1958-1962 s'est produite une révolution institutionnelle, qui a donné la prépondérance à l'exécutif sur le parlement. Cette évolution a été consacrée par l'élection du président au suffrage universel, que le comte de Paris avait vivement conseillée au général de Gaulle. François Furet a pu dire que les deux traditions, royale et républicaine, avaient été ainsi réconciliées, Ce qui, d'une certaine façon, achevait la Révolution Française,  à l'encontre de la volonté farouche de cette dernière de se débarrasser définitivement du spectre de la monarchie.

    Pierre Boutang, qui entendait continuer la tradition maurassienne, a voulu introduire dans la réflexion royaliste cet élément nouveau. Il l'a fait d'une façon extrêmement originale dans son livre Reprendre le pouvoir. Il y développe une pensée de la légitimité, qui passe outre aux impasses des théories de la souveraineté. Cette dernière est accordée soit au monarque, soit à la volonté populaire. Il apparaît ici que ces deux éléments doivent être composés dans le cadre d'une logique politique où l'autorité n'est pas sapée par le consentement populaire,  mais sort renforcé dans un dialogue ordonné.

    Gérard Leclerc soumet ces réflexions à la sagacité des royalistes d'aujourd'hui.  Il pense que l'apport d'un Pierre Boutang, comme d'autres apports, doivent être pris en considération, si l'on veut que le royalisme soit débarrassé de certaines ambiguïtés et réponde à certaines réquisitions raisonnables à propos de la représentation et de la participation populaires. Ceci dit, le champ est ouvert pour prolonger réflexions et propositions, dans le but de rendre plus crédible notre projet politique.

Par le petit Maxime
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus